Ça s’est passé un 25 septembre
Samois décide de défendre son paysage
Le 25 septembre 1909, des habitants de Samois déclarent une association au nom sans détour : la Société de Protection du Site Samoisien. Son but tient en une ligne : « protéger les sites de Samois, du Bas-Samois et des Plâtreries ».
L’Abeille de Fontainebleau publie la déclaration dans son numéro du 1er octobre 1909. Siège social : chez le président, à Samois.
Pas de loi, pas de ministère : des voisins qui décident eux-mêmes que leur paysage mérite d’être défendu.

Une femme entre pour la première fois à la Cour suprême
Le 25 septembre 1981, Sandra Day O’Connor prête serment et devient juge à la Cour suprême des États-Unis. Cent quatre-vingt-onze ans après la création de la Cour.
Le Sénat l’avait confirmée quatre jours plus tôt.
Elle y siégera près de vingt-cinq ans, souvent en position d’arbitre entre les deux blocs de la Cour.

Le premier parc créé pour protéger un être vivant
Dix-neuf ans jour pour jour plus tôt, l’Amérique avait fait la même chose, en beaucoup plus grand.
Le 25 septembre 1890, le président Benjamin Harrison signe la loi créant le parc national de Sequoia, en Californie. Le deuxième parc national des États-Unis. Le National Park Service le présente comme le premier parc formé spécifiquement pour protéger un organisme vivant.
Pas un paysage, pas un geyser, pas un canyon. Un arbre. Le séquoia géant, que les scieries commençaient à débiter.

Chaque vendrediLa semaine d’il y a cent ans
Chaque vendredi, nous ouvrons le numéro que les habitants lisaient exactement cent ans plus tôt.
D’après L’Abeille de Fontainebleau, hebdomadaire fondé en 1835.
Numéro du vendredi 24 septembre 1926
Cinq francs quarante le kilo, et le raisin du roi s’en va
Le vendredi 17 septembre 1926, on a vendu la récolte de la Treille du Roy. Mille deux cent soixante-quinze kilos de chasselas, répartis en quatre-vingt-cinq lots d’une quinzaine de kilos, adjugés pour six mille huit cent quatre-vingt-cinq francs. Cinq francs quarante le kilo en moyenne.
L’Abeille juge la récolte « particulièrement belle », et écrit qu’il faut remonter à 1912 pour en trouver une supérieure. Elle félicite d’abord le soleil.
La treille court toujours le long de son mur. Et le cépage a fait carrière sous son nom : on achète aujourd’hui un pied de « chasselas de Fontainebleau » dans n’importe quel catalogue de pépiniériste.

Six minutes
L’Abeille annonçait l’équinoxe pour ce jeudi soir 23 septembre, à 19 heures 20 précises. Un hebdomadaire d’arrondissement qui donne l’équinoxe à la minute, en 1926, c’est déjà une belle exigence.
Fontyblog tient à ce que tout soit vérifié, y compris ce qui a cent ans. Nous avons donc refait le calcul. Deux fois, par deux méthodes différentes. L’équinoxe est tombé à 19 heures 26.
Six minutes. Nous sommes plus précis, et nous avons mis un siècle pour l’être. Elle, elle avait déjà répondu à la question.
Ce jeudi matin, en gare de Vulaines
Il était cinq heures et demie, et le brouillard était épais. Le train 112, qui montait de Marseille, s’était arrêté en gare de Vulaines-sur-Seine pour garer une voiture qui fonctionnait mal. Pendant la manœuvre, le rapide 106, venu de Lyon, est arrivé sur la voie descendante.
Les premiers secours ont été portés par les voyageurs indemnes des deux trains, parmi lesquels des soldats qui rentraient du Maroc et de Syrie, avant l’arrivée des pompiers de Fontainebleau et de Vulaines. Le journal note que le ministre des Travaux publics était sur les lieux avant dix heures.
À l’heure où L’Abeille part sous presse, ce jeudi soir, elle compte sept morts déjà dégagés et en craint d’autres. Le chauffeur de la machine est encore sous les décombres.
La ligne existe toujours. Les trains y passent encore, à la même heure, au même endroit.