Ça s’est passé un 18 septembre
L’homme qui veillait sur le château
Albert Bray naît à Moret-sur-Loing le 24 mars 1884. Il entre au service du palais de Fontainebleau en 1919, en devient architecte en chef en 1922, puis conservateur du domaine national en 1930. Il meurt à Fontainebleau le 18 septembre 1959.
Pendant l’Occupation, il tenait jour après jour un journal de ce qui se passait au château. Il est conservé aux Archives de Seine-et-Marne.
Demain et après-demain, le château ouvre gratuitement pour les Journées du patrimoine. On visite des monuments. On pense rarement à ceux qui les tiennent debout entre deux visites.

Le jour où l’Écosse a dit non de justesse
Le 18 septembre 2014, les Écossais répondaient à une question courte : « L’Écosse doit-elle être un pays indépendant ? »
Non à 55,3 %, oui à 44,7 %. Avec 84,6 % de participation, la plus forte jamais enregistrée en Écosse pour un scrutin national depuis que les femmes ont le droit de vote, en 1918.
Le non l’emporte dans vingt-huit des trente-deux collectivités du pays.

Napoléon invente les pompiers de Paris
Le 18 septembre 1811, un décret impérial crée le bataillon de sapeurs-pompiers de Paris, ancêtre direct de la brigade d’aujourd’hui.
Jusque-là, la capitale comptait sur des gardes-pompes civils.
Deux siècles plus tard, ce sont toujours des militaires qui éteignent les incendies de Paris.

Chaque vendrediLa semaine d’il y a cent ans
Chaque vendredi, nous ouvrons le numéro que les habitants lisaient exactement cent ans plus tôt.
D’après L’Abeille de Fontainebleau, hebdomadaire fondé en 1835.
Numéro du vendredi 17 septembre 1926
On parlait de la sous-préfecture, le tribunal part avec
La semaine précédente, L’Abeille de Fontainebleau titrait, avec un point d’interrogation : « Le Tribunal de Fontainebleau supprimé ? » Sept jours plus tard, le même journal a la réponse, et il l’écrit sans commentaire.
« Les décrets réduisant le nombre des tribunaux et des sous-préfectures viennent de paraître. Le tribunal et la sous-préfecture de Fontainebleau sont officiellement supprimés. » Trois lignes de chronique locale, coincées entre une réduction consentie sur les entrées du concours hippique et la liste des nouveaux suppléants de juges de paix.
Toute la ville s’était battue pour la sous-préfecture. Le conseil municipal avait voté un vœu en séance extraordinaire, le journal avait ferraillé, les commerçants s’étaient inquiétés. Du tribunal, personne n’avait parlé. Il tombe le même jour, dans le même paquet de décrets, et il ne doit sa mention qu’à une phrase.
Fontainebleau n’est pas seule. En Seine-et-Marne, Coulommiers perd aussi sa sous-préfecture. Dans toute la France, deux cent vingt-sept tribunaux d’arrondissement disparaissent d’un coup, au nom des économies.
La justice reviendra vite : les lois de 1929 et de 1930 rétablissent presque tous les tribunaux supprimés en 1926. L’arrondissement, lui, attendra 1988.

Une ardoise par hôtel, et voilà l’info trafic
Le Syndicat d’initiative se réunit le 10 septembre et adopte une formule : dans chaque hôtel de la ville, une ardoise près de la caisse. Les touristes y noteraient les portions de route en mauvais état, les hôteliers feraient remonter chaque semaine, et le Syndicat tiendrait à jour une carte routière affichée devant son bureau de renseignements. Une information routière alimentée par les usagers et rafraîchie toutes les semaines. À la craie.
Au Grand Parquet, la forêt donne son nom aux épreuves
Le concours hippique occupe le vendredi 17, le samedi 18 et le dimanche 19 septembre à l’hippodrome du Grand Parquet, avec un nombre d’engagements que le journal trouve particulièrement élevé cette année. Les épreuves s’appellent prix de la Croix d’Augas, prix du Mont-Ussy, prix de la Table du Roi : le programme se lit comme une carte de la forêt. Un autocar part de la place Denecourt à 13 h 30, un seul départ. Pelouse, 2 francs. Militaires, 1 franc.