Ça s’est passé un 11 septembre
Elle a inventé les Jeannettes, elle s’est éteinte à Fontainebleau
11 septembre 1877, à Épinal, neuf heures et demie du soir. Marie Diemer vient au monde. Elle commencera par écrire des contes alsaciens.
Ce n’est pas ce qu’on retient d’elle. Les infirmières visiteuses en 1913, l’École des surintendantes d’usine en 1917 : le travail social français lui doit une bonne part de ses fondations. En 1923, avec Renée de Montmort, elle crée les Guides de France. En 1927, elle leur ajoute une branche pour les plus petites, les Jeannettes.
Restait à leur inventer un imaginaire. Les louveteaux du scoutisme ont Kipling, sa jungle, Akela et Mowgli, tout un bestiaire pour donner un nom aux choses. Pour les plus jeunes filles, Marie Diemer écrit une forêt bleue, avec ses animaux et ses rites à elle. Les contes alsaciens du début n’auront pas été perdus pour tout le monde.
Le Livre de la forêt bleue paraît en 1933. On ne le trouve plus en librairie, mais il a été réédité en 1956, puis en 1967, trente-quatre ans après sa sortie et près de trente ans après la mort de son autrice. Peu de livres pour enfants tiennent la route aussi longtemps.
Elle meurt à Fontainebleau le 3 juin 1938. Les Jeannettes avaient onze ans.

L’Écosse revote son Parlement
11 septembre 1997. Les Écossais approuvent par référendum la création d’un Parlement à Édimbourg. Le précédent avait cessé de siéger en 1707, avec l’Acte d’union.
74,3 % de oui à la première question. 63,5 % à la seconde, celle qui donne au futur Parlement le droit de moduler l’impôt. Participation, 60,2 %.
Deux cent quatre-vingt-dix ans d’attente, et encore vingt mois de patience : la première séance a lieu le 12 mai 1999.

Chaque vendrediLa semaine d’il y a cent ans
Chaque vendredi, nous ouvrons le numéro que les habitants lisaient exactement cent ans plus tôt.
D’après L’Abeille de Fontainebleau, hebdomadaire fondé en 1835.
Numéro du vendredi 10 septembre 1926
La ville perd sa sous-préfecture
Le journal L’Abeille de Fontainebleau ouvre son numéro sur une mauvaise nouvelle : la ville perd sa sous-préfecture. Le décret porte la date du 10 septembre 1926. Cent six sous-préfectures disparaissent d’un coup dans toute la France.
Une semaine plus tôt, le conseil municipal s’était réuni en séance extraordinaire pour voter un vœu demandant qu’on la garde. Le maire était absent. La minorité a jugé la démarche inutile. Le vœu a été retoqué, réécrit sur place, puis voté sous une forme qui ne réclamait plus le maintien de la sous-préfecture de Fontainebleau, mais seulement qu’elle ne soit pas la seule supprimée du département. Pour sauver la sienne, Fontainebleau a voté qu’on supprime celles des autres.
Le journal, lui, dit la vraie raison sans détour : « 16 kilomètres et 20 minutes de chemin de fer séparent seulement Fontainebleau de Melun. » Melun venait justement de prendre à Fontainebleau le titre de commune la plus peuplée du département, 15 928 habitants contre 15 560. Cinq ans plus tôt, c’était l’inverse.
L’arrondissement de Fontainebleau sera rétabli en 1988. Soixante-deux ans d’attente.

Le tramway part toutes les dix minutes
Dans les mêmes pages, la vie continue. Le tramway électrique part de la gare toutes les dix minutes, dernier départ à minuit vingt. Il n’a pas toujours été aussi commode : à sa mise en service, trente ans plus tôt, il ne descendait pas jusqu’à la gare et laissait les voyageurs en haut de la côte, ce que le journal trouvait déjà cher payé.
Plus de chasseurs que de gibier
À l’ouverture de la chasse, le dimanche 5 septembre, l’octroi de Fontainebleau enregistre 212 perdrix déclarées, contre 511 l’année précédente, pour 2 650 permis délivrés au lieu de 2 555. Le journal tranche : « il y a plus de chasseurs que de gibier ».