{"id":11315,"date":"2026-05-18T19:18:32","date_gmt":"2026-05-18T17:18:32","guid":{"rendered":"https:\/\/fontyblog.fr\/fr\/?page_id=11315"},"modified":"2026-05-18T19:18:32","modified_gmt":"2026-05-18T17:18:32","slug":"festival-django-reinhardt","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/fontyblog.fr\/en\/festival-django-reinhardt\/","title":{"rendered":"Festival Django Reinhardt \u00e0 Fontainebleau"},"content":{"rendered":"<p class=\"fyblog-article-subtitle\">L'histoire, le lieu, l'esprit. Tout ce qu'il faut savoir avant d'y aller, et tout ce qui rend la chose si particuli\u00e8re.<\/p>\n<div class=\"fyblog-callout fyblog-callout--info\"><strong>\u00c9dition 2026 :<\/strong> from <strong>25 to 28 June 2026<\/strong>, Prairie du Bois d'Hyver, Parc du Ch\u00e2teau de Fontainebleau. \u00c0 l'affiche : <strong>Asaf Avidan, Cory Wong, MEUTE, Thee Sacred Souls, Jos\u00e9 James, Youn Sun Nah<\/strong>, et toute la grande famille du jazz manouche autour de Stochelo Rosenberg. <a href=\"https:\/\/fontyblog.fr\/en\/events\/django-reinhardt-festival-2026\/\">Programme complet et billetterie de l'\u00e9dition 2026<\/a>.<\/div>\n<aside class=\"fyblog-toc-floating\"><input id=\"fyblog-toc-toggle\" class=\"fyblog-toc-toggle-input\" type=\"checkbox\" \/><br \/>\n<label class=\"fyblog-toc-button\" for=\"fyblog-toc-toggle\">\u2261 Contents<\/label><\/p>\n<nav class=\"fyblog-toc-panel\"><a href=\"#django\">Django, l'homme<\/a><br \/>\n<a href=\"#samois\">Samois, o\u00f9 tout commence<\/a><br \/>\n<a href=\"#demenagement\">Le d\u00e9m\u00e9nagement<\/a><br \/>\n<a href=\"#fontainebleau\">Le festival aujourd'hui<\/a><br \/>\n<a href=\"#manouche-monde\">La plan\u00e8te manouche<\/a><br \/>\n<a href=\"#memoire\">M\u00e9moire et p\u00e8lerinage<\/a><br \/>\n<a href=\"#pratique\">Practical info<\/a><\/nav>\n<\/aside>\n<p>Il y a peu d'\u00e9v\u00e9nements en France dont on peut dire qu'ils tiennent <strong>dans un seul nom propre<\/strong>. Le Festival Django Reinhardt en fait partie. On ne dit pas \u00ab le festival de jazz de Fontainebleau \u00bb : on dit <em>Django<\/em>. Et tout le monde comprend.<\/p>\n<p>Pourtant, derri\u00e8re ce nom \u00e9vident, il y a une histoire qui a presque <strong>soixante ans<\/strong>, un d\u00e9m\u00e9nagement compliqu\u00e9, une rivi\u00e8re qui d\u00e9borde, <strong>un cimeti\u00e8re qui re\u00e7oit des guitaristes du monde entier<\/strong>, et une petite ville de Seine-et-Marne qui s'est retrouv\u00e9e, sans trop l'avoir cherch\u00e9, \u00e0 devoir transmettre l'h\u00e9ritage <strong>d'un des plus grands musiciens du vingti\u00e8me si\u00e8cle<\/strong>.<\/p>\n<p>Cette page raconte tout \u00e7a. Le festival, bien s\u00fbr, ses dates, son public, son ambiance. Mais aussi <strong>l'homme avant le festival<\/strong>, le village o\u00f9 il a pos\u00e9 sa roulotte, l'auberge o\u00f9 il jouait au billard, et la fa\u00e7on dont <strong>une simple soir\u00e9e entre amis en 1968<\/strong> est devenue, \u00e9tape par \u00e9tape, le grand rendez-vous mondial du jazz manouche.<\/p>\n<p>Et si vous cherchez juste les infos pratiques de l'\u00e9dition de l'ann\u00e9e, le sommaire en bas \u00e0 droite vous y emm\u00e8ne directement.<\/p>\n<h2 id=\"django\">Django Reinhardt, l'homme avant le festival<\/h2>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-jazz-manouche-guitare-detail-1.png\" alt=\"D\u00e9tail d'une main jouant la pompe manouche sur une guitare Selmer-Maccaferri\" class=\"fyblog-img-wrap-left wp-image-11327\" width=\"380\" height=\"380\" srcset=\"https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-jazz-manouche-guitare-detail-1.png 2048w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-jazz-manouche-guitare-detail-1-300x300.png 300w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-jazz-manouche-guitare-detail-1-1024x1024.png 1024w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-jazz-manouche-guitare-detail-1-150x150.png 150w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-jazz-manouche-guitare-detail-1-768x768.png 768w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-jazz-manouche-guitare-detail-1-1536x1536.png 1536w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-jazz-manouche-guitare-detail-1-12x12.png 12w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-jazz-manouche-guitare-detail-1-100x100.png 100w\" sizes=\"(max-width: 380px) 100vw, 380px\" \/>Avant d'\u00eatre le nom d'un festival, Django Reinhardt a \u00e9t\u00e9 un guitariste. <strong>Et pas n'importe lequel.<\/strong><\/p>\n<p>Jean Reinhardt na\u00eet le 23 janvier 1910 dans <strong>une roulotte stationn\u00e9e \u00e0 Liberchies<\/strong>, en Belgique. Sa famille est sint\u00e9, communaut\u00e9 qu'on appelle plus commun\u00e9ment manouche en France. Il grandit sur les fortifications de Paris, du c\u00f4t\u00e9 de la porte de Choisy puis de la porte d'Italie, dans cette <strong>p\u00e9riph\u00e9rie de roulottes<\/strong> que Paris tol\u00e9rait avant de la repousser plus loin. \u00c0 douze ans, il d\u00e9couvre le banjo-guitare chez un oncle. \u00c0 dix-huit, il joue d\u00e9j\u00e0 dans les cabarets, <strong>et le premier disque est grav\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p>Puis vient la nuit du 26 octobre 1928. <strong>Un incendie<\/strong> dans la roulotte, \u00e0 Saint-Ouen. Des fleurs en cellulo\u00efd qui s'enflamment au contact d'une bougie. Sa femme s'en sort. Lui reste <strong>dix-huit mois \u00e0 l'h\u00f4pital<\/strong> avec une jambe br\u00fbl\u00e9e et une main gauche dont l'annulaire et l'auriculaire resteront d\u00e9finitivement paralys\u00e9s. <strong>Les m\u00e9decins lui annoncent qu'il ne pourra plus jouer.<\/strong> C'est l'inverse qui se produit : il invente <strong>une technique \u00e0 deux doigts<\/strong>, qu'aucun guitariste n'avait jamais utilis\u00e9e avant lui, et qu'aucun ne reproduira jamais vraiment.<\/p>\n<p>En 1934, il fonde avec St\u00e9phane Grappelli le <strong>Quintette du Hot Club de France<\/strong>. C'est le premier groupe de jazz europ\u00e9en qu'on prend au s\u00e9rieux \u00e0 Chicago et \u00e0 New York. Coleman Hawkins, Benny Carter, Rex Stewart, <strong>tous les grands Am\u00e9ricains qui passent par Paris cette d\u00e9cennie-l\u00e0 le cherchent<\/strong> pour enregistrer avec eux. Pendant l'Occupation, il reste en France et grave <em>Nuages<\/em> en 1940, qui devient un standard. En 1946, il traverse l'Atlantique pour jouer avec <strong>Duke Ellington<\/strong> : la rencontre est ti\u00e8de, Ellington ne sait pas trop quoi faire de lui, Django repart un peu d\u00e9\u00e7u.<\/p>\n<h3>Comment Django est arriv\u00e9 \u00e0 Samois<\/h3>\n<p>En 1951, il ach\u00e8te <strong>une maison rue du Bas-Samois<\/strong>, \u00e0 Samois-sur-Seine, juste au nord de Fontainebleau. Il a quarante et un ans, un fils, Babik, n\u00e9 en 1944, et l'envie <strong>de se poser un peu<\/strong>. Il s'installe au bord de la Seine, fr\u00e9quente l'auberge <em>Chez Fernand<\/em> qu'il utilise comme quartier g\u00e9n\u00e9ral, et y d\u00e9veloppe une vie qu'on associe rarement aux g\u00e9nies de la guitare.<\/p>\n<div class=\"fyblog-callout fyblog-callout--note\"><strong>Django \u00e0 Samois, le quotidien d'un mythe.<\/strong> Il joue au billard au Billard Club Samoisien. Il peint \u00e0 la gouache. Il p\u00eache \u00e0 la ligne dans la Seine. Il continue de jouer beaucoup, avec une bande de jeunes boppers fran\u00e7ais cette fois (Pierre Michelot, Martial Solal, Roger Gu\u00e9rin) qu'il guide vers ses propres terres harmoniques. <strong>L'inventeur du jazz manouche<\/strong> finit ses jours \u00e0 p\u00eacher le gardon et \u00e0 ranger les boules de billard. C'est peut-\u00eatre ce qui rend le lien Samois-Django si particulier : <em>c'est un lien de quartier, pas un lien de mus\u00e9e<\/em>.<\/div>\n<p>Il vit \u00e0 Samois <strong>deux ans \u00e0 peine<\/strong>. Le 16 mai 1953, apr\u00e8s une longue marche au soleil, il s'assoit \u00e0 la terrasse de Chez Fernand pour reprendre son souffle. Il y est victime d'une h\u00e9morragie c\u00e9r\u00e9brale et meurt \u00e0 l'h\u00f4pital de Fontainebleau. <strong>Il a quarante-trois ans.<\/strong> Son dernier enregistrement date d'\u00e0 peine cinq semaines plus t\u00f4t, et c'\u00e9tait sa premi\u00e8re session avec un pianiste, Martial Solal, qui en garde un souvenir boulevers\u00e9.<\/p>\n<p>Il est enterr\u00e9 au <strong>carr\u00e9 V du cimeti\u00e8re communal de Samois-sur-Seine<\/strong>. Sa femme Sophie l'y rejoindra en 1971, son fils Babik en 2001, son fr\u00e8re Joseph dit Nin-Nin aussi. La tombe est devenue, sans plan, sans signal\u00e9tique, sans subvention culturelle, <strong>l'un des lieux de p\u00e8lerinage les plus authentiques de la musique europ\u00e9enne<\/strong>. Des guitaristes manouches viennent des Pays-Bas, d'Allemagne, de Hongrie, d'Italie, des \u00c9tats-Unis, et y d\u00e9posent leurs instruments le temps d'un b\u0153uf improvis\u00e9 sur la tombe. C'est ce <strong>mouvement de p\u00e8lerinage<\/strong>, \u00e0 la fois familial, communautaire et discret, qui finira par appeler un festival.<\/p>\n<h2 id=\"samois\">Samois, l'\u00eele du Berceau, o\u00f9 tout commence<\/h2>\n<p>Le premier hommage public \u00e0 Django se tient <strong>le 19 mai 1968 \u00e0 Samois<\/strong>, pour le quinzi\u00e8me anniversaire de sa mort. Le journal <em>Le Monde<\/em> du 21 mai titre sobrement \u00ab La m\u00e9moire de Django c\u00e9l\u00e9br\u00e9e \u00e0 Samois \u00bb. L'\u00e9v\u00e9nement se passe sur <strong>l'\u00eele du Berceau<\/strong>, une \u00e9troite langue de terre au milieu de la Seine, qu'on rejoint par une simple passerelle depuis le village. \u00c0 l'\u00e9poque, le journaliste qui couvre la chose parle <strong>d'une simple soir\u00e9e entre amis<\/strong>. Pour un \u00e9v\u00e9nement qui deviendra mondial, ce n'est pas un mauvais d\u00e9but.<\/p>\n<p>La soir\u00e9e se renouvelle de temps en temps, sans p\u00e9riodicit\u00e9 fixe, en 1973, en 1978. Les <strong>Amis de Samois<\/strong>, association locale, organisent des rassemblements de plus en plus fournis : des caravanes manouches commencent \u00e0 d\u00e9barquer chaque \u00e9t\u00e9 pour <strong>camper sur les rives, jouer la nuit, parler guitare, transmettre la pompe \u00e0 leurs enfants<\/strong>. Le festival n'existe pas encore officiellement, mais il est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, en germe, sur l'\u00eele.<\/p>\n<p>C'est en 1983 que la chose se structure. Un groupe d'amis et d'aficionados, autour de <strong>Jean-Fran\u00e7ois Robinet<\/strong>, ancien pr\u00e9sentateur de t\u00e9l\u00e9vision et maire de Samois-sur-Seine, et de <strong>Maurice Cullaz<\/strong>, pr\u00e9sident de l'Acad\u00e9mie de Jazz, d\u00e9pose les statuts de l'Association du Festival Django Reinhardt. L'enregistrement officiel est dat\u00e9 du 22 juillet 1983, si\u00e8ge \u00e0 la mairie, place de la R\u00e9publique. La premi\u00e8re \u00e9dition annuelle se tient l'\u00e9t\u00e9 suivant.<\/p>\n<p>Un chroniqueur de l'\u00e9poque \u00e9crit : \u00ab <em>c'\u00e9tait tellement champ\u00eatre, tellement d\u00e9sordonn\u00e9, mais tellement convaincant et charmant !<\/em> \u00bb. Le programme se monte avec les bouts de ficelle, <strong>la sc\u00e8ne est pos\u00e9e sur l'herbe<\/strong>, les preneurs de son se vautrent sur leur console quand il pleut, et personne ne sait vraiment combien de gens vont venir. Le site officiel du festival garde ce souvenir d'<strong>amateurisme d\u00e9bonnaire et assum\u00e9<\/strong>. Tr\u00e8s vite, la formule trouve son public. Un journaliste qualifie l'\u00e9v\u00e9nement de <strong>\u00ab plus petit des grands festivals \u00bb<\/strong>. La phrase colle \u00e0 la peau du festival, et finit par devenir, parce que c'\u00e9tait trop joli pour ne pas l'\u00eatre, une signature officielle.<\/p>\n<h3>Trois d\u00e9cennies d'\u00eele du Berceau<\/h3>\n<p>De 1983 \u00e0 2015, le festival vit donc sur l'\u00eele. C'est cette \u00e9poque qui forge sa l\u00e9gende. Le format \u00e9volue, passant d'un jour \u00e0 trois jours, puis \u00e0 <strong>cinq jours \u00e0 partir de 2010<\/strong>, mais l'ADN ne bouge pas : <strong>une sc\u00e8ne officielle<\/strong>, o\u00f9 d\u00e9filent les grands noms du jazz international, et autour, dans les campings, sur les chemins, jusqu'au bord de la Seine, <strong>des jam sessions qui ne s'arr\u00eatent jamais<\/strong>.<\/p>\n<p>Sur la sc\u00e8ne : <strong>St\u00e9phane Grappelli<\/strong> (pr\u00e9sent d\u00e8s les premi\u00e8res \u00e9ditions, pr\u00e9sent\u00e9 par Claude Nougaro), Babik Reinhardt en pr\u00e9sence r\u00e9guli\u00e8re jusqu'\u00e0 sa mort en 2001, <strong>Stochelo Rosenberg et Bir\u00e9li Lagr\u00e8ne<\/strong> qui deviennent des habitu\u00e9s, Tchavolo et Dorado Schmitt, Angelo Debarre, les fr\u00e8res Boulou et Elios Ferr\u00e9, Christian Escoud\u00e9. Du c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricain : <strong>Chet Baker, Barney Kessel, John McLaughlin, Paco de Lucia<\/strong>. Et des passages plus rares mais marquants : Toots Thielemans, Didier Lockwood, Sanseverino, Thomas Dutronc.<\/p>\n<p>Hors sc\u00e8ne, dans les campings, c'est <strong>la Mecque mondiale du jazz manouche<\/strong>. Des familles enti\u00e8res d\u00e9barquent en caravanes des Pays-Bas, d'Allemagne, d'Italie, de Hongrie, d'Espagne, des \u00c9tats-Unis. <strong>Les enfants apprennent la pompe \u00e0 six ans<\/strong> en regardant les anciens. Des amiti\u00e9s se nouent qui durent toute la vie. Personne ne dort. C'est cette dimension communautaire, plus que les t\u00eates d'affiche, qui fait la r\u00e9putation internationale du festival.<\/p>\n<h2 id=\"demenagement\">L'inondation, la s\u00e9curit\u00e9, le d\u00e9m\u00e9nagement<\/h2>\n<p>La fin de l'\u00eele arrive sans qu'on l'ait vraiment vue venir, \u00e0 la fois pour des raisons mat\u00e9rielles et pour des raisons d'\u00e9poque.<\/p>\n<div class=\"fyblog-callout fyblog-callout--note\"><strong>Juin 2016 : la Seine recouvre l'\u00eele.<\/strong> Une crue historique noie int\u00e9gralement l'\u00eele du Berceau, \u00e0 deux semaines de l'ouverture de la 37e \u00e9dition. L'\u00e9quipe a quinze jours pour trouver une solution. Elle la trouve : le Parc du Ch\u00e2teau de Fontainebleau, propri\u00e9t\u00e9 du Centre des monuments nationaux, ouvre la Prairie du Bois d'Hyver en accueil de substitution. Le festival a lieu, dans l'urgence et l'improvisation, <strong>et il a lieu bien<\/strong>. Personne, sur le coup, n'imagine que c'est en r\u00e9alit\u00e9 <em>la fin de l'aventure samoisienne<\/em>.<\/div>\n<p>L'ann\u00e9e suivante, en janvier 2017, la d\u00e9cision est officialis\u00e9e : <strong>le festival quitte d\u00e9finitivement l'\u00eele<\/strong> et s'installe \u00e0 Fontainebleau. Les raisons sont multiples. L'inondation a montr\u00e9 <strong>la fragilit\u00e9 d'un site enclav\u00e9 dans la Seine<\/strong>, dont l'acc\u00e8s d\u00e9pend d'une passerelle. Le contexte s\u00e9curitaire post-attentats impose des normes Vigipirate <strong>qu'une \u00eele ne peut pas tenir<\/strong>. Et la logistique du festival, devenue celle d'un \u00e9v\u00e9nement \u00e0 plusieurs dizaines de milliers de personnes, ne tient plus dans le format artisanal de l'\u00eele.<\/p>\n<p>Le directeur artistique du festival, <strong>S\u00e9bastien Vidal<\/strong>, en poste depuis 2006 et qui dirige par ailleurs TSF Jazz et le Duc des Lombards, raconte cette \u00e9poque <strong>avec une honn\u00eatet\u00e9 qui m\u00e9rite d'\u00eatre cit\u00e9e<\/strong> : \u00ab <em>Quitter l'\u00eele du Berceau, qui nous accueillait depuis 1968, se d\u00e9partir de ce c\u00f4t\u00e9 artisanal, a \u00e9t\u00e9 dur. Tout le monde en est nostalgique.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>La page Facebook du <em>Samois'OFF<\/em>, programme parall\u00e8le gratuit qui animait le village pendant le festival, publie en 2017 <strong>un message bref et triste<\/strong> : \u00ab Le Samois'OFF 2017 est fini, le festival aussi. Avec le d\u00e9part du festival\u2026 \u00bb. Aucune pol\u00e9mique majeure ne sort dans la presse, aucun conflit ouvert entre la mairie de Samois et l'association, mais on sent qu'un certain monde s'ach\u00e8ve.<\/p>\n<p>Pour autant, et c'est un point important, <strong>le festival n'a jamais coup\u00e9 les ponts avec Samois<\/strong>. La page de programme officielle du festival garde l'intitul\u00e9 \u00ab SAMOIS \u00bb. Une journ\u00e9e d'ouverture \u00e0 Samois, place de la R\u00e9publique, est maintenue de 2018 \u00e0 2024. Et la m\u00e9moire de Django, elle, <strong>reste \u00e9videmment au cimeti\u00e8re<\/strong>.<\/p>\n<h2 id=\"fontainebleau\">Le festival \u00e0 Fontainebleau aujourd'hui<\/h2>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-prairie-bois-hyver-fontainebleau-1.jpg\" alt=\"Spectateur dans l'herbe sous les arbres au Festival Django Reinhardt \u00e0 Fontainebleau\" class=\"fyblog-img-wrap-right wp-image-11326\" width=\"380\" height=\"380\" srcset=\"https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-prairie-bois-hyver-fontainebleau-1.jpg 2048w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-prairie-bois-hyver-fontainebleau-1-300x300.jpg 300w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-prairie-bois-hyver-fontainebleau-1-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-prairie-bois-hyver-fontainebleau-1-150x150.jpg 150w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-prairie-bois-hyver-fontainebleau-1-768x768.jpg 768w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-prairie-bois-hyver-fontainebleau-1-1536x1536.jpg 1536w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-prairie-bois-hyver-fontainebleau-1-12x12.jpg 12w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-prairie-bois-hyver-fontainebleau-1-100x100.jpg 100w\" sizes=\"(max-width: 380px) 100vw, 380px\" \/>Depuis 2017, le festival a donc trouv\u00e9 sa nouvelle maison \u00e0 la <strong>Prairie du Bois d'Hyver<\/strong>, dans le parc du <a href=\"https:\/\/fontyblog.fr\/en\/places\/fontainebleau-castle\/\">Ch\u00e2teau de Fontainebleau<\/a>, avenue des Cascades. On y entre par une grille discr\u00e8te qui donne sur <strong>une vaste pelouse bord\u00e9e par la for\u00eat<\/strong>. Deux sc\u00e8nes : la <strong>sc\u00e8ne Django<\/strong>, principale, et la <strong>sc\u00e8ne des Luthiers<\/strong>, plus intimiste, nich\u00e9e au c\u0153ur d'un village d'une vingtaine de fabricants d'instruments venus pour quatre jours.<\/p>\n<p>La <strong>cinquanti\u00e8me \u00e9dition, en 2018<\/strong>, a fait l'ouverture grand format de la nouvelle \u00e8re, avec <strong>George Benson, Marcus Miller, Bir\u00e9li Lagr\u00e8ne, Snarky Puppy, Gary Clark Jr<\/strong>. La quaranti\u00e8me num\u00e9rotation s\u00e9quentielle, en 2019, recevait Parov Stelar, Ibrahim Maalouf, Thomas Dutronc et les Esprits Manouches, Tom Misch. Puis sont venues <strong>les deux ann\u00e9es COVID<\/strong> qui ont priv\u00e9 le festival de ses \u00e9ditions 2020 et 2021, sans qu'on retrouve d'ailleurs de communiqu\u00e9 officiel d'annulation pour 2021 (le saut de num\u00e9rotation, de la quaranti\u00e8me \u00e9dition de 2019 \u00e0 la quarante-deuxi\u00e8me \u00e9dition de 2022, le confirme indirectement).<\/p>\n<p>Depuis le retour de 2022, le festival a retrouv\u00e9 <strong>un rythme de croisi\u00e8re confortable<\/strong> et une affiche qui fait du bien \u00e0 un m\u00e9lomane curieux. <strong>Jamie Cullum, Ibrahim Maalouf, Stochelo Rosenberg, Melody Gardot<\/strong> en 2022. <strong>Gregory Porter, Dee Dee Bridgewater, GoGo Penguin, Avishai Cohen, Fatoumata Diawara<\/strong> en 2023, avec <strong>environ vingt mille spectateurs<\/strong> sur les quatre jours. <strong>Melody Gardot, Black Pumas, Rodrigo y Gabriela, Jalen Ngonda, Angelo Debarre<\/strong> en 2024, dix-sept mille spectateurs. <strong>Marcus Miller, C\u00e9cile McLorin Salvant, Chucho Vald\u00e9s, Salif Keita, Kokoroko, AY\u1ecc<\/strong> en 2025.<\/p>\n<p>Le pari de la programmation est devenu lisible avec les ann\u00e9es. <strong>La sc\u00e8ne Django ne joue plus seulement du jazz manouche.<\/strong> Elle fait converger, autour du nom de Django, tout ce qui dans la musique d'aujourd'hui tient encore <strong>du croisement, du m\u00e9tissage, du swing au sens large<\/strong>. On peut y entendre du soul, du funk, du jazz nord-am\u00e9ricain, des musiques du monde, du chant br\u00e9silien, du folk isra\u00e9lien. Et au milieu de ce vaste panorama, <strong>la sc\u00e8ne des Luthiers continue de porter le c\u0153ur historique manouche<\/strong>, avec les h\u00e9ritiers directs, les ateliers, les jeunes guitaristes qu'on entend en concours du Tremplin des Luthiers, les d\u00e9monstrations de fabricants d'instruments.<\/p>\n<h3>Le profil du public<\/h3>\n<p>Le festival a r\u00e9ussi <strong>cette chose rare<\/strong> : il s'adresse en m\u00eame temps <strong>au public manouche historique<\/strong>, qui campe ou loge \u00e0 proximit\u00e9 et passe trois jours sur place, <strong>au public jazz curieux<\/strong>, qui vient pour C\u00e9cile McLorin Salvant ou Avishai Cohen sans conna\u00eetre Django plus que \u00e7a, et <strong>au public local bellifontain<\/strong>, qui d\u00e9couvre l'\u00e9v\u00e9nement parce qu'il habite \u00e0 dix minutes \u00e0 pied. Cette mixit\u00e9 fait l'ambiance de la Prairie : on y croise <strong>les g\u00e9n\u00e9rations, les langues, les styles d'\u00e9coute<\/strong>, tout \u00e7a sur la m\u00eame pelouse.<\/p>\n<p>L'organisation est port\u00e9e par l'Association du Festival Django Reinhardt, dont le si\u00e8ge est <strong>rest\u00e9 \u00e0 Samois-sur-Seine<\/strong> (rue Victor Chevin). Jean-Pierre Guyard est directeur de publication, S\u00e9bastien Vidal dirige la programmation <strong>depuis vingt ans cette ann\u00e9e<\/strong>. Les soutiens institutionnels viennent principalement de la R\u00e9gion \u00cele-de-France, du D\u00e9partement de Seine-et-Marne, de la Ville de Fontainebleau, de la SACEM et de partenaires priv\u00e9s.<\/p>\n<h2 id=\"manouche-monde\">Le festival dans la plan\u00e8te manouche<\/h2>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-saxophone-jazz-fontainebleau-1.jpg\" alt=\"Saxophone t\u00e9nor dor\u00e9 au Festival Django Reinhardt, jazz \u00e0 Fontainebleau\" class=\"fyblog-img-wrap-left wp-image-11328\" width=\"380\" height=\"380\" srcset=\"https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-saxophone-jazz-fontainebleau-1.jpg 2048w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-saxophone-jazz-fontainebleau-1-300x300.jpg 300w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-saxophone-jazz-fontainebleau-1-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-saxophone-jazz-fontainebleau-1-150x150.jpg 150w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-saxophone-jazz-fontainebleau-1-768x768.jpg 768w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-saxophone-jazz-fontainebleau-1-1536x1536.jpg 1536w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-saxophone-jazz-fontainebleau-1-12x12.jpg 12w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-saxophone-jazz-fontainebleau-1-100x100.jpg 100w\" sizes=\"(max-width: 380px) 100vw, 380px\" \/>Pour comprendre pourquoi ce festival <strong>n'est pas un festival de jazz comme les autres<\/strong>, il faut faire un pas de c\u00f4t\u00e9 et regarder la carte mondiale du jazz manouche.<\/p>\n<p>Il y a, en gros, quatre ou cinq grands rendez-vous internationaux par an pour cette communaut\u00e9 musicale tr\u00e8s sp\u00e9cifique. <strong>DjangoFest Northwest<\/strong>, \u00e0 Langley dans l'\u00c9tat de Washington, est la grande r\u00e9f\u00e9rence nord-am\u00e9ricaine, organis\u00e9e \u00e0 l'automne dans une petite ville insulaire qui rappelle d'ailleurs Samois. <strong>Django \u00e0 la Chope<\/strong>, \u00e0 Bruxelles, animait la mi-mai jusqu'\u00e0 son arr\u00eat en 2022. Des rassemblements plus confidentiels existent aux Pays-Bas, en Allemagne, en Hongrie, en Italie, en Australie m\u00eame.<\/p>\n<p>Mais aucun de ces festivals ne dispose de ce que Fontainebleau poss\u00e8de : <strong>la l\u00e9gitimit\u00e9 du lieu<\/strong>. Django a v\u00e9cu \u00e0 Samois, il y est mort, il y est enterr\u00e9, son fils et son fr\u00e8re reposent avec lui. <strong>Le festival, m\u00eame d\u00e9localis\u00e9 \u00e0 Fontainebleau, garde ce lien physique avec l'endroit o\u00f9 s'est \u00e9teint l'inventeur du genre.<\/strong> C'est cette l\u00e9gitimit\u00e9 g\u00e9ographique qui fait que des familles manouches d'Amsterdam, de Munich, de Budapest consid\u00e8rent Fontainebleau comme <strong>un passage oblig\u00e9 au moins une fois dans leur vie musicale<\/strong>.<\/p>\n<p>L'autre marque distinctive est la <strong>dimension de transmission<\/strong>. Le festival n'a jamais \u00e9t\u00e9 seulement une vitrine. Les jam sessions historiques de Samois jouaient ce r\u00f4le. \u00c0 Fontainebleau, la fonction est aujourd'hui assur\u00e9e par <strong>la sc\u00e8ne des Luthiers<\/strong>, par le <strong>Tremplin des Luthiers<\/strong> (concours r\u00e9serv\u00e9 aux jeunes artistes), par les <strong>masterclasses<\/strong> de figures comme David Reinhardt, petit-fils de Django et guitariste contemporain, et par les ateliers p\u00e9dagogiques organis\u00e9s en parall\u00e8le avec les \u00e9coles de musique. C'est important : <strong>le jazz manouche est l'un des rares genres musicaux dont la transmission se fait encore quasi exclusivement \u00e0 l'oreille<\/strong>, de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. Sans des rendez-vous comme Fontainebleau, cette cha\u00eene se fragiliserait.<\/p>\n<h2 id=\"memoire\">M\u00e9moire, p\u00e8lerinage, et le village o\u00f9 tout reste<\/h2>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-guitare-stele-pelerinage-1.jpg\" alt=\"Guitare manouche pos\u00e9e contre une st\u00e8le, hommage au p\u00e8lerinage du jazz \u00e0 Samois\" class=\"fyblog-img-wrap-left wp-image-11325\" width=\"380\" height=\"380\" srcset=\"https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-guitare-stele-pelerinage-1.jpg 2048w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-guitare-stele-pelerinage-1-300x300.jpg 300w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-guitare-stele-pelerinage-1-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-guitare-stele-pelerinage-1-150x150.jpg 150w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-guitare-stele-pelerinage-1-768x768.jpg 768w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-guitare-stele-pelerinage-1-1536x1536.jpg 1536w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-guitare-stele-pelerinage-1-12x12.jpg 12w, https:\/\/fontyblog.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/festival-django-reinhardt-guitare-stele-pelerinage-1-100x100.jpg 100w\" sizes=\"(max-width: 380px) 100vw, 380px\" \/>Si vous venez au festival depuis Paris ou ailleurs, et que vous avez deux heures \u00e0 tuer un dimanche matin avant la premi\u00e8re sc\u00e8ne, <strong>faites le d\u00e9tour par Samois-sur-Seine<\/strong>. C'est \u00e0 dix minutes en voiture de Fontainebleau, et m\u00eame en transport en commun ce n'est pas compliqu\u00e9.<\/p>\n<div class=\"fyblog-callout fyblog-callout--note\"><strong>La tombe de Django, mode d'emploi.<\/strong> Au cimeti\u00e8re communal de Samois-sur-Seine, carr\u00e9 V. Elle n'est pas spectaculaire. <em>Une pierre, le nom, les dates.<\/em> Sophie sa femme, Joseph son fr\u00e8re, Babik son fils, qui sont l\u00e0 aussi. Parfois des guitares d\u00e9pos\u00e9es par des visiteurs, parfois des fleurs, parfois rien. Le 16 mai, jour anniversaire de la mort, il y a souvent <strong>quelques musiciens qui jouent autour, sans organisation officielle<\/strong>, parce que c'est comme \u00e7a depuis 1953 et que \u00e7a continuera comme \u00e7a.<\/div>\n<p>Au village, vous trouverez ensuite le <strong>Foyer Django Reinhardt<\/strong>, au 2 rue Gambetta, une ancienne boulangerie reprise par la commune, qui sert de <strong>salle de projection et d'exposition<\/strong>. Pendant la semaine du festival, on y trouve une exposition photo r\u00e9trospective sur les \u00e9ditions de Samois. Le reste de l'ann\u00e9e, le lieu fonctionne comme biblioth\u00e8que et lieu d'animation.<\/p>\n<p>La <strong>maison de Django<\/strong>, rue du Bas-Samois, existe toujours. Son statut juridique actuel n'est pas document\u00e9 publiquement, et <strong>il vaut mieux ne pas s'y inviter sans raison<\/strong>. Disons que vous passerez devant en remontant vers l'auberge, et que vous saurez. Quant \u00e0 <em>Chez Fernand<\/em>, l'auberge o\u00f9 Django recevait, jouait, peignait et o\u00f9 il s'est effondr\u00e9, elle a chang\u00e9 plusieurs fois de mains depuis 1953. Mais <strong>le bord de Seine, lui, n'a pas vraiment boug\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p>Pour les \u00e9ditions Samois plus anciennes, la <a href=\"https:\/\/fontyblog.fr\/en\/places\/fontainebleau-municipal-library\/\">M\u00e9diath\u00e8que Municipale de Fontainebleau<\/a> conserve l'ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence de Jean-Fran\u00e7ois Robinet, <em>50 ans de Festival Django Reinhardt : 1968-2018<\/em>, publi\u00e9 pour le cinquanti\u00e8me anniversaire. <strong>Si vous voulez plonger s\u00e9rieusement dans les archives, c'est par l\u00e0 qu'il faut commencer.<\/strong><\/p>\n<h2 id=\"pratique\">Infos pratiques pour vivre le festival<\/h2>\n<p>L'\u00e9dition de l'ann\u00e9e se tient toujours <strong>fin juin<\/strong>, en g\u00e9n\u00e9ral la derni\u00e8re semaine. Quatre jours, du jeudi au dimanche, sur la Prairie du Bois d'Hyver, \u00e0 l'int\u00e9rieur du parc du <a href=\"https:\/\/fontyblog.fr\/en\/places\/fontainebleau-castle\/\">Ch\u00e2teau de Fontainebleau<\/a>, avenue des Cascades. Le site est accessible <strong>\u00e0 pied depuis la gare de Fontainebleau-Avon en une vingtaine de minutes<\/strong>, par le centre-ville.<\/p>\n<h3>Billetterie<\/h3>\n<p>Trois formats de billets coexistent en g\u00e9n\u00e9ral. <strong>Le pass quatre jours<\/strong>, qui d\u00e9marre autour de 135 euros et donne acc\u00e8s aux deux sc\u00e8nes pour toute la dur\u00e9e. <strong>Le pass deux jours<\/strong>, autour de 70 euros, pour ceux qui veulent en faire un week-end sans aligner la semaine enti\u00e8re. <strong>Le pass journ\u00e9e<\/strong>, de 40 \u00e0 52 euros selon les jours et les t\u00eates d'affiche. La gratuit\u00e9 s'applique aux moins de treize ans. La billetterie ouvre g\u00e9n\u00e9ralement <strong>en d\u00e9but d'ann\u00e9e<\/strong>, et les pass quatre jours <strong>partent rapidement<\/strong> quand l'affiche est tr\u00e8s demand\u00e9e.<\/p>\n<div class=\"fyblog-callout fyblog-callout--astuce\"><strong>O\u00f9 r\u00e9server vos billets.<\/strong> Le plus simple : la <a href=\"https:\/\/www.festivaldjangoreinhardt.com\/billetterie\/\" rel=\"noopener\">billetterie officielle du festival<\/a>, sur le site de l'association. Vous y trouverez tous les formats \u00e0 jour, dont les \u00e9ventuelles offres last minute. Le festival est \u00e9galement distribu\u00e9 sur <a href=\"https:\/\/tidd.ly\/4ftRsyJ\" rel=\"nofollow sponsored noopener\">Fnac Spectacles<\/a> si vous avez d\u00e9j\u00e0 un compte chez eux. <strong>Pour les t\u00eates d'affiche tr\u00e8s demand\u00e9es<\/strong> (cette ann\u00e9e Asaf Avidan et Cory Wong), r\u00e9servez sans attendre l'avant-veille.<\/div>\n<h3>Comment venir<\/h3>\n<p>Si vous arrivez en train, c'est <strong>la gare de Fontainebleau-Avon<\/strong> depuis la Gare de Lyon, en quarante minutes. De la gare, le ch\u00e2teau est \u00e0 environ vingt minutes \u00e0 pied par l'avenue Franklin Roosevelt, ou <strong>trois stations en bus sur la ligne 1<\/strong>. Si vous arrivez en voiture, le parking le plus proche du site est celui des Mar\u00e9chaux, \u00e0 cinq minutes de l'entr\u00e9e festival.<\/p>\n<h3>O\u00f9 dormir<\/h3>\n<p>Quatre jours en pleine saison, <strong>mieux vaut s'y prendre quelques semaines \u00e0 l'avance<\/strong> : Fontainebleau est satur\u00e9 fin juin entre le festival, les jardins du Ch\u00e2teau et les week-ends de grimpeurs. Trois bonnes adresses, par gammes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Haut de gamme<\/strong> : l'<a href=\"https:\/\/fontyblog.fr\/en\/places\/black-eagle-fontainebleau-mgallery-collection\/\">Aigle Noir Fontainebleau, MGallery Collection<\/a>, juste en face du Ch\u00e2teau. Cinq minutes \u00e0 pied de la Prairie du Bois d'Hyver.<\/li>\n<li><strong>H\u00f4tel culturel<\/strong> : <a href=\"https:\/\/fontyblog.fr\/en\/places\/lesquisse-cultural-hotel\/\">L'Esquisse<\/a>, le concept original de Fontainebleau, plus \u00e0 Barbizon mais l'exp\u00e9rience vaut le d\u00e9tour si vous avez la voiture.<\/li>\n<li><strong>Bonne adresse centre-ville<\/strong> : l'<a href=\"https:\/\/fontyblog.fr\/en\/places\/hotel-le-richelieu\/\">H\u00f4tel Le Richelieu<\/a>, \u00e0 quelques rues du Ch\u00e2teau, pratique et accueillant.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>O\u00f9 manger entre deux sc\u00e8nes<\/h3>\n<p>Le festival a sa propre offre de food trucks et stands sur place, mais <strong>beaucoup de festivaliers pr\u00e9f\u00e8rent profiter du centre-ville<\/strong> \u00e0 la pause d\u00e9jeuner, le Ch\u00e2teau \u00e9tant \u00e0 dix minutes de la rue Grande. Quelques valeurs s\u00fbres :<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/fontyblog.fr\/en\/places\/inalis-neobistrot-fountainbleau\/\">Inalis<\/a>, n\u00e9obistrot cr\u00e9atif rue de France, la meilleure cuisine actuelle du centre-ville.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fontyblog.fr\/en\/places\/the-napoleonic-bistro-dial-in-fontainebleau\/\">Le Cadran<\/a>, bistrot napol\u00e9onien chaleureux, parfait pour un d\u00e9jeuner sans chichi.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fontyblog.fr\/en\/places\/cafe-des-halles\/\">Le Caf\u00e9 des Halles<\/a>, institution bellifontaine de la place du March\u00e9, plus rapide.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fontyblog.fr\/en\/places\/sumac-house\/\">Maison Sumac<\/a> pour un d\u00e9tour m\u00e9diterran\u00e9en avant la sc\u00e8ne du soir.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Et si vous tombez sur un samedi de pluie<\/h3>\n<p>Le festival se tient en grande partie <strong>sous tentes et chapiteaux<\/strong>, donc une averse de juin n'annule rien. Mais si vous avez la journ\u00e9e du jeudi ou du dimanche \u00e0 organiser et que la m\u00e9t\u00e9o vous joue des tours, vous pouvez <a href=\"https:\/\/fontyblog.fr\/en\/what-to-do-fontainebleau-rain\/\">composer votre journ\u00e9e avec notre antis\u00e8che sur ce qu'on fait \u00e0 Fontainebleau quand il pleut<\/a>.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Pour finir, bri\u00e8vement<\/h2>\n<p>Le Festival Django Reinhardt a <strong>surv\u00e9cu \u00e0 beaucoup de choses<\/strong> : un fondateur mort \u00e0 quarante-trois ans dont il fallait honorer la m\u00e9moire sans le caricaturer, <strong>une \u00eele qui se noie<\/strong>, un d\u00e9m\u00e9nagement qui aurait pu casser la magie, deux ann\u00e9es sans \u00e9dition, des changements d'\u00e9poque et d'affiche. Il est toujours l\u00e0, fin jui<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;histoire, le lieu, l&#8217;esprit. 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